Les bijoux Belle Époque, appelés edwardiens au Royaume-Uni, ont été créés entre 1890 et 1915 environ. Ils se reconnaissent à leur platine ajouré comme une dentelle, à leurs diamants et perles fines, et à un répertoire de guirlandes, nœuds et rinceaux hérité du XVIIIe siècle. C’est le style du raffinement monochrome.
L’essentiel
- « Belle Époque » désigne en France la période allant de la fin du XIXe siècle à 1914 ; « edwardien » renvoie au règne d’Édouard VII (1901-1910).
- Le platine permet pour la première fois des montures d’une extrême finesse, dites « en dentelle ».
- Le style guirlande s’inspire du néoclassicisme Louis XVI.
- La perle fine est alors la gemme la plus prestigieuse, parfois plus chère que le diamant.
- Le serti millegrain et les ajours sciés à la main sont des signatures de l’époque.
Une époque, deux noms
La Belle Époque désigne, rétrospectivement, les années de paix et de prospérité qui précèdent la Première Guerre mondiale. Outre-Manche, on parle de période édouardienne, du nom d’Édouard VII, fils de la reine Victoria, monté sur le trône en 1901. Par extension, le terme « edwardien » s’applique aux bijoux de 1900 à 1915 environ.
Paris est alors la capitale mondiale de la joaillerie. Les grandes maisons s’installent rue de la Paix et place Vendôme, et l’Exposition universelle de 1900 consacre à la fois l’Art nouveau et le style guirlande. Les deux courants coexistent : l’Art nouveau, sinueux et naturaliste, et le style guirlande, plus classique et aristocratique.
Le platine, révolution technique
Le platine est un métal blanc, dense et extrêmement résistant. Sa température de fusion, d’environ 1 768 °C, a longtemps rendu son travail difficile. L’amélioration des chalumeaux au gaz et à l’oxygène, à la fin du XIXe siècle, permet enfin aux joailliers de le maîtriser.
Sa solidité change tout : une griffe de platine très fine tient un diamant aussi bien qu’une griffe d’or bien plus épaisse. Les montures s’allègent, s’ajourent, deviennent presque invisibles. La pierre semble flotter. En France, le platine reçoit son propre poinçon, la tête de chien, en 1912.
Le platine sur or
Avant la maîtrise complète du platine, de nombreux bijoux sont réalisés en platine doublé d’or : une fine plaque de platine sur le dessus, pour la blancheur des diamants, soudée sur de l’or jaune au revers, pour la douceur au contact de la peau et la facilité de travail. Cette technique, très caractéristique des années 1890-1910, est un excellent indice de datation.
Le style guirlande
Le style guirlande est un style joaillier inspiré des ornements de l’époque Louis XVI : guirlandes de laurier, nœuds de ruban, pampilles, couronnes, palmettes et rinceaux. Il est l’expression même de l’élégance aristocratique de la Belle Époque.
- Le nœud : symbole d’attachement, il orne broches, pendentifs et devants de corsage.
- La guirlande de laurier : délicate, souple, elle borde colliers et diadèmes.
- La goutte et la pampille : elles apportent mouvement et lumière.
- Le croissant et l’étoile : motifs de broche très populaires vers 1890-1900.
La perle fine, reine de l’époque
Une perle fine est une perle formée naturellement dans une huître, sans intervention humaine. Avant la commercialisation des perles de culture japonaises dans les années 1920, elle était d’une rareté extrême. Les sautoirs de perles fines atteignaient des prix supérieurs à ceux des plus beaux diamants.
La Belle Époque la décline partout : sautoirs tombant jusqu’à la taille, colliers de chien enserrant le cou, boucles d’oreilles en goutte, bagues toi et moi associant une perle à un diamant. Seul un laboratoire, par radiographie, peut distinguer avec certitude une perle fine d’une perle de culture.
Les bijoux emblématiques
| Bijou | Description |
|---|---|
| Collier de chien | Collier ras du cou en plaques ajourées ou rangs de perles, popularisé par la reine Alexandra |
| Sautoir | Long collier de perles ou chaîne fine, parfois terminé par un pompon |
| Pendentif lavallière | Pendentif ajouré à pampille asymétrique, porté sur une chaîne fine |
| Bague marquise | Tête allongée en navette, pavée de diamants |
| Bague toi et moi | Deux pierres affrontées, souvent perle et diamant |
| Broche barrette | Barre fine ornée d’une ligne de diamants ou de perles |
| Diadème et aigrette | Ornements de coiffure pour les soirées |
Les pierres de la Belle Époque
Le diamant domine, en taille old european ou en roses pour les petits éléments. Les pierres de couleur sont employées avec parcimonie, pour une touche délicate : saphir bleu clair, rubis, démantoïde vert vif (grenat découvert dans l’Oural dans les années 1860), péridot, améthyste. Les opales, très en vogue au tournant du siècle, apportent leurs reflets irisés.
Comment reconnaître un bijou Belle Époque
- Une monture blanche, très fine, ajourée de motifs réguliers sciés au bocfil.
- Un revers en or jaune sous le platine, sur les pièces les plus anciennes.
- Des bords millegrain soulignant chaque chaton.
- Des diamants taille old european ou roses, rarement des pierres de grande taille.
- Un dessin symétrique, léger, souvent orné de nœuds ou de guirlandes.
- Des poinçons : tête d’aigle ou tête de cheval pour l’or, tête de chien pour le platine après 1912.
Porter un bijou Belle Époque aujourd’hui
La légèreté des montures Belle Époque en fait des bijoux étonnamment contemporains. Une bague marquise se porte seule ou empilée ; un pendentif lavallière éclaire un simple pull noir ; des dormeuses à diamant se portent chaque jour. Parcourez nos bagues anciennes, nos boucles d’oreilles anciennes et nos colliers anciens.
Ces montures fines méritent une attention particulière : faites contrôler les griffes régulièrement et confiez toute retouche à un atelier habitué au platine. Nos services sont là pour vous accompagner.
L’Art nouveau, l’autre visage de 1900
À côté du style guirlande, la Belle Époque voit naître l’Art nouveau, mouvement qui puise dans la nature ses lignes sinueuses : libellules, chardons, femmes aux cheveux flottants, ombelles, paons. René Lalique en est la figure majeure en joaillerie, consacrée à l’Exposition universelle de 1900. Il associe à l’or des matières jusque-là peu nobles : corne, émail plique-à-jour, verre, opale.
Les bijoux Art nouveau privilégient l’expression artistique plutôt que la valeur des pierres. Ils sont l’œuvre de créateurs et d’ateliers spécialisés, et leurs pièces signées sont très recherchées des collectionneurs. Plus fragiles, notamment en raison de l’émail plique-à-jour, ils demandent un soin particulier.
Questions fréquentes
Quelle différence entre Belle Époque et edwardien ?
Il s’agit de la même période vue de deux pays. « Belle Époque » est le terme français pour les années 1890-1914 ; « edwardien » renvoie au règne d’Édouard VII en Angleterre (1901-1910), étendu jusqu’à 1915 environ. Les bijoux partagent le même goût pour le platine, les diamants et les perles.
Pourquoi les bijoux Belle Époque sont-ils en platine ?
Le platine, très résistant, permet des griffes et des ajours d’une finesse impossible en or. Sa blancheur met en valeur les diamants. Sa maîtrise technique, à la fin du XIXe siècle, a permis aux joailliers de créer des montures d’une légèreté inédite, dites « en dentelle ».
Comment savoir si une perle ancienne est fine ?
À l’œil nu, c’est presque impossible. Une perle fine se forme sans noyau introduit, ce que seule une radiographie en laboratoire révèle. Le perçage, le poids et l’aspect donnent des indices, mais seule une analyse gemmologique permet de certifier une perle fine.
Les bijoux Belle Époque sont-ils fragiles ?
Leur platine est très solide, mais leurs montures sont fines. Une bague Belle Époque se porte au quotidien si ses griffes sont en bon état. Évitez les chocs, retirez-la pour les travaux manuels et faites-la contrôler chaque année par un joaillier.
Qu’est-ce qu’un pendentif lavallière ?
C’est un pendentif ajouré, souvent en platine et diamants, auquel est suspendue une pampille, parfois asymétrique, terminée par une perle ou une pierre. Il porterait le nom de Louise de La Vallière, favorite de Louis XIV, et fut très en vogue vers 1900-1910.
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